L’officialisation de l’amazighe : Défis et Enjeux

Le dossier du numéro 8 de la revue ⴰⵙⵉⵏⴰⴳ-Asinag sera consacré à la question de l’officialisation de la langue amazighe avec ses différentes dimensions. Le Comité de rédaction veut ainsi s’ouvrir sur la communauté scientifique afin de contribuer, à sa manière, au débat sur cet événement historique.
La gestion de la problématique de la diversité langagière se fait essentiellement dans le cadre de la politique linguistique retenue par l’Etat et à travers la dynamique sociolinguistique générée par la communauté. Or, pour ce qui concerne la politique étatique, elle peut être autoritariste, efficiente ou simplement idéologique et platonique. Une politique non autoritariste et efficiente est celle qui satisfait aux exigences de la démocratie et de l’équité, c’est-à-dire une politique consensuelle énoncée au niveau constitutionnel et implémentée sur les plans institutionnel et opérationnel. L’Etat peut tout aussi bien pratiquer une politique par défaut, auquel cas il adopte l’approche du « laisser-faire, laisser-aller ». Ce qui conduit à favoriser les langues fortes au détriment des langues minorées qui se trouvent alors en situation de danger. C’est ainsi que la nature de la gestion de la diversité des langues constitue un indicateur de la qualité de la gouvernance, une gouvernance qui impacte directement le développement humain.

Le Maroc, quant à lui, s’est engagé dans la voie de la démocratisation en adoptant une nouvelle constitution qui consacre l’amazighe langue officielle aux côtés de l’arabe. Les modalités de la mise en œuvre de ce nouveau statut seront fixées par une loi organique. Ce nouveau contexte politique ouvre ainsi des perspectives inédites devant la langue et la culture amazighes. De nombreux acteurs sont interpellés, notamment les décideurs, les institutionnels, les intellectuels et les acteurs sociaux. Les décideurs doivent concevoir une stratégie à même de penser la place et les fonctions de l’amazighe dans le cadre de la nouvelle politique linguistique et culturelle ; à leur tour, les institutionnels sont appelés à s’impliquer dans l’opérationnalisation des orientations stratégiques en matière de politiques publiques ; de leur côté, les intellectuels sont sollicités pour s’acquitter avec intelligence de leur devoir de clercs ; enfin, les acteurs sociaux sont appelés à exercer leur droit et leur engagement au soutien critique de la marche du pays vers la démocratie. C’est dire que la constitutionnalisation de l’amazighe enclenche un processus qui conduit à la gestion de défis et d’enjeux considérables.
Les contributeurs à ce dossier sont invités à inscrire leurs analyses dans le cadre de cette problématique générale. Les axes spécifiques suggérés sont les suivants :

1. les orientations générales de la nouvelle politique linguistique et culturelle énoncées à l’article 5 de la Constitution ;
2. les rapports entre l’arabe et l’amazighe langues officielles, en termes de droits, de fonctions et d’usages ;
3. les mécanismes juridiques relatifs à la mise en œuvre de la nouvelle politique;
4. les modalités d’intégration de l’amazighe langue officielle dans les politiques publiques et les modalités de son implantation dans les institutions ;
5. Le Conseil national des langues et de la culture marocaine, ses attributions, sa composition, son fonctionnement et ses ressources ;
6. l’articulation et la synergie entre les institutions dédiées aux langues et aux expressions culturelles du Maroc ; et
7. le devenir de l’IRCAM dans cette nouvelle configuration, les missions, les prérogatives, les acquis, l’investissement des ressources humaines et logistiques, etc.

Parallèlement au dossier thématique, le volet Varia du numéro accueillera également des articles traitant d’autres aspects de la langue et de la culture amazighes. Des comptes rendus d’ouvrages et des résumés de thèses sur l’amazighe y trouveront aussi leur place. Dans la rubrique Textes, seront publiées des productions en amazighe (poésies, extraits de nouvelles, etc.).

MODALITES DE SOUMISSION:
Langues de rédaction : l’amazighe, l’arabe, le français, l’anglais ou l’espagnol.
- L’article ne doit pas dépasser 14 pages, bibliographie comprise. Le guide de rédaction est disponible ici http://www.ircam.ma/fr/index.php?soc=revueasinag&rd=93
- L’article doit être accompagné d’un résumé écrit dans une langue autre que celle de rédaction de l’article. Il ne devra pas dépasser 10 lignes, en Times New Roman 11, interligne simple.

ECHEANCIER
15 septembre 2012 :  réception des articles.
15 octobre 2012 :  notification d’acceptation.
Les contributions seront envoyées par courrier électronique à asinag@ircam.ma ou par courrier postal à l’adresse suivante :

Revue Asinag, IRCAM, Avenue Allal El Fassi, Madinat Al Irfane, Hay Ryad, B.P. 2055 –Rabat – Maroc ;